30/09/2013
Broken Balls le webzine, c'est fini.
Mais ça ne vous empêche pas de faire un tour pour découvrir des groupes à travers des chroniques, des interviews et des live reports.
Merci.
Ça nous pendait au nez depuis un petit moment et la nouvelle
est malheureusement tombée, il y a de une année et demi ; Subcity Stories,
c’est fini. Pas que le départ du bassiste, remplacé rapidement, y soit pour
quelque chose mais sûrement les aléas de la vie qui ont fait que le groupe
devait s’arrêter là, en ayant parcouru un chemin plus qu’enviable. Des
histoires, les trois Tarbais (plus les deux anciens) en ont à revendre à force
de rencontres sur les routes ou dans le pub célèbre de Jean-Louis, grand mécène
de l’ombre derrière son label Not A Pub et son bar aux allures d’un Irish Pub
rock ‘n roll. La fin, donc. Mais en guise de dernier cadeau, le trio nous a
offert en juillet dernier un EP 4 titres au nom sobre et amer de « The End ».
Beaucoup plus sombre et rentre-dedans que « Behind the Memory Tree »,
cette dernière galette s’inspire des précédentes pour cristalliser la dernière
évolution du groupe dans un noise rock mélodique et rageur. Les morceaux nous
tiennent en haleine en nous assenant, coups sur coups, des riffs implacables
liés à une rythmique mêlant groove et puissance. Afin d’éviter toute
contrainte, tout a été fait à la maison ; de la composition à l’enregistrement
jusqu’au mastering. Belle entreprise surtout que le son est tout bonnement
parfait pour la formation et assied encore plus cet EP dans l’excellence. « The
End » clôture donc l’aventure de Subcity Stories mais le fait avec brio.
On regrettera cet arrêt car la qualité musicale a toujours été au rendez-vous
et n’a jamais fait défaut dans la discographie du trio. Sortez les mouchoirs et
appréciez une dernière fois…

Le premier album de White Sparrow débute avec 1991 et pour moi, tout est déjà réunit pour séduire mes oreilles.

Des morceaux courts, une
batterie expresse, des mélodies harmoniques à la basse, et des riffs vivants… 

Avec
une bonne dose de persévérance, le trio toulousain Bias présente aujourd'hui un
deuxième opus abouti : « State Of Mind ».

Nous quittons notre pays natal narbonnais pour rejoindre les
terres tarnaises, sur ce beau complexe cultivo-sportif de Carmaux. Parmi les
presque 1500 visiteurs, on croise une flopée d’amis qui ne pouvaient rater ce
rendez-vous ; on s’offre une jolie pinte dans les verres tape-à-l’œil du
Xtremfest. All Right ! On est paré pour l’aventure.

Trois ans après la première salve éponyme, les Suisses de Wardhill
remettent le couvert cette année avec « A Pledge to Lava », nouvel EP
6 titres. À l’image du nom et de la pochette, la musique ici jouée est grasse
et visqueuse. Exit donc la recherche de genre des débuts ; le groupe a
choisi le camp d’un stoner mixé à un metal lourd pour exposer son point de vue.
Aussi, il semble que les membres aient retenu les quelques erreurs qui
trainaient auparavant pour rendre cette fois-ci une copie parfaite et nettement
plus cohérente. Ça file droit, ça suit un fil rouge, ça joue fort et bien,
bref, Wardhill a su s’accrocher et accoucher d’un univers personnel à base de
magma et d’éruptions sonores en tout genre. Les morceaux ne souffrent d’aucun
temps mort ou plutôt d’aucune longueur vu les tempi pratiqués et détiennent
tous un groove certain. Mention spéciale à Julien Leluc (membre de la
formation) et Stephane Kroug (Rorcal…) pour l’artillerie sonore déployée. « A
Pledge to Lava » m’a réellement impressionné de par l’évolution musicale
qu’il représente pour le groupe. La griffe est désormais trouvée et les
Helvètes nous ont montré leur vrai visage : puissant et en fusion. Pas besoin d'autres tergiversations pour vous inciter à sauter dans le cratère.

Issu de la scène suisse, Black Willows sort aujourd’hui son
premier album, « Haze », en totale autoproduction. Les Lausannois ont voulu d’entrée de jeu mettre les petits plats dans les grands en proposant un digipack de bonne manufacture et à l’artwork soigné. Aussi éthérée et brumeuse que la pochette, la musique du quatuor taille dans le heavy rock, limite stoner, et résolument psychédélique. Ici, le temps s’arrête et la patience est reine. La formation fait évoluer ses morceaux dans une transe qui emporte l’auditeur dès le début. Le voyage ainsi commencé, la voix céleste confirmera l’atmosphère en incantant les paroles afin que le mysticisme prenne toute sa place. On sera alors conduit au gré des rythmiques lourdes et lancinantes, à travers les nappes d’accords et les mélodies envoutantes pour une promenade émotionnelle et sensorielle. Le son très naturel de l’ensemble rajoutera cette petite touche 

Après un split, il y a de ça trois ans, le nom du nouvel EP d’Alternine
sonne revanchard. « 2.0 » est le début du renouveau pour les Rennais car le nouveau line up se veut motivé et ambitieux. Sur le papier, on peut lire que le groupe a confié ses cinq titres au mixage de Guyom Pavesi (Devianz, Headcharger, Die on Monday…) et au mastering d’Alan Douches (Mastodon, The Dillinger Escape Plan…) tout en certifiant que sa musique, « originale et ambitieuse, influencera les quatorze générations à venir ». Humour ou pas, il y a quand même de quoi rire jaune car la formation s’engouffre d’entrée de jeu dans un rock pop légèrement plus dur que celui de Paramore, un peu comme le faisait Holy Roman Empire. Un mélange certes viable mais un peu trop caractéristique lorsqu’on annonce de l’originalité en amont. Sur Hollow et Dead on Time, on comprendra (si on est
gentil) le rapprochement fait dans la biographie avec Tool mais ce n’est pas
parce qu’on a des parties aériennes et des lignes de chant très bien exécutées que
la filiation est automatiquement faite (idem pour Björk). Loin d’être
inintéressants, les morceaux comportent quelques bonnes idées prouvant qu’Alternine
sait où il va et peut parfaitement passer à l’étape du premier album. Que les
choses soient claires, « 2.0 » est entrainant, convaincant et
professionnel mais le style est tout trouvé, la musique a déjà été entendue et
les influences à revoir. Les Rennais ont donc façonné le contenu mais doivent
désormais s’atteler au contenant en travaillant plus sérieusement la
description de leur univers pourtant attrayant. Les générations futures peuvent
dormir tranquillement, la révolution est évitée.

Dans le grind, on sait rigoler. Et même énormément. Ayant
laissé les Annéciens avec « Bon Appétit », je les retrouve aujourd’hui à l’occasion de la sortie de leur toute dernière galette portant comme titre, le non moins désopilant « Supersonic Black Metal ». Le programme étant annoncé d’entrée de jeu, la formation ne se fait pas attendre pour balancer son grindcore électronique à grands renforts de plans rythmiques humainement impossibles. On notera d’ailleurs, à ce sujet, le rapprochement ici encore plus flagrant avec les œuvres de Mulk. Mais la nouveauté ici est clairement (et logiquement) l’ajout de riffs à tendance black metal. L’intensité qui se dégage des morceaux n’en est alors que décuplée si l’on ajoute à ceux-ci d’autres résolument grind qui prouve que le groupe ne renie pas non plus ses origines. Dans une logique tout aussi DIY que dans « Bon Appétit », le son maison est beaucoup plus en phase avec la musique qu’auparavant. Le coté sec des guitares se couplant avec l’intensité des samples renforcera l’aspect rugueux de la galette (Oblivion, Your Ballot in my Box). Avec « Supersonic
Black Metal », Eating Shit a gommé les défauts de son précédent album et
permet, de ce fait, une meilleure accessibilité à sa musique même si l’incrustation
d’un autre style extrême aurait pu alourdir l’ensemble. Le trio continue donc
sa route en créant son univers bouts par bouts et saura (encore et toujours) ravir
les tympans aguerris voire d’autres moins habitués. Plus on est de fous, plus
on grinde, c’est bien connu.
